Tatoueur depuis plus de vingt ans, René dos Santos a naturellement prolongé son univers graphique dans la coutellerie. Installé en Bretagne depuis 2010, il crée aujourd'hui des couteaux aux lignes tendues et développe une particularité très personnelle : des lames et des manches qu'il « tatoue » à la main. Rencontre.
Je m'appelle René, j'ai 49 ans et je suis tatoueur depuis plus de vingt ans. J'ai un bac en arts appliqués et une licence en arts plastiques. J'ai donc toujours été attiré par l'art, l'esthétique et les lignes.
Je me suis toujours dit que si je n'avais pas été tatoueur, j'aurais rêvé d'être coutelier. Puis un jour, déclic : on n'a qu'une vie.
Je me suis lancé en autodidacte, en commençant par réaliser des couteaux fixes.
J'ai ensuite eu la chance de faire la connaissance de Wim, "Les Lames de K", qui m'a permis d'apprendre, de comprendre et de progresser, en me soutenant et en me transmettant son savoir-faire.
Dans l'univers du tatouage, j'ai un style très graphique : j'aime les lignes tendues, avec très peu de courbes. Cette approche se retrouve naturellement dans mes couteaux. Même sur les manches, je préfère travailler des facettes plutôt que des arrondis.
Ma particularité est surtout de réaliser des couteaux tatoués, selon le même principe qu'un tatouage.
Je réalise les motifs à l'aide d'une petite machine qui fonctionne comme une machine à tatouer. Mais à la place d'une aiguille, une pointe en carbure vient frapper l'acier. C'est avec cette machine que je tatoue mes couteaux à la main.
Je suis très fier de réaliser aujourd'hui des couteaux pliants. C'était l'un de mes objectifs et, techniquement, cela représente un grand pas dans ma jeune carrière de coutelier. Avec l'aide de Wim, j'ai réussi à franchir cette étape.
Ces pliants me permettent aussi d'aller plus loin dans mon travail artistique. Je peux tatouer à la fois le manche et la lame pour créer de véritables scènes, un peu à la manière d'une manchette dans le tatouage.
Je peux également jouer avec l'articulation de la lame pour imaginer deux dessins : l'un lorsque le couteau est fermé, sur le manche, et un second lorsqu'il est ouvert, avec la lame.
La Bretagne est pour moi une terre d'adoption. Je m'y suis installé en 2010 pour ouvrir ma boutique de tatouage.
J'aime son identité, sa culture et ses légendes. La mer n'est jamais loin. Tout cet univers constitue naturellement une source d'inspiration pour les tatouages que je réalise sur mes couteaux.
Je souhaite avant tout continuer à me perfectionner et à apprendre.
Mes objectifs sont de poursuivre le développement de mes couteaux pliants, aussi bien sur le plan mécanique qu'esthétique, de faire davantage de salons pour faire connaître mon travail et, bien sûr, de continuer à créer de beaux couteaux tatoués.
Un acier : l'acier carbone, notamment le 80CrV2.
Un matériau de manche : le bois, essentiellement.
Un couteau : un couteau pliant.
Un coutelier qui t'inspire : Wim, des Lames de K, pour la sincérité de son travail.